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Isabelle à Madère ...quelques photos


Visite du Secrétaire d’Etat au Tourisme

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Isabelle Joschke dodo

La bise

Isabelle Joschke - 667

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Isabelle Joschke - 667

Isabelle Joschke - 667

Plus d’info

Site Transat 650

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PARTENAIRES
TECHNIQUES




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 Isabelle Joschke, en bref:



Née le 27 janvier 1977 à Munich (All)
Profession : marin professionnel

 Palmarès en mini 6,50



3e Transgascogne 2007
2e Trophée Marie-Agnès Péron 2007
1ère Pornichet Sélect 650 2007
1ère Mini Pavois 2007
2e Grand Prix d’Italie 2007
4e Sables d’Olonne – Açores 2006
2e Open Demi Clé 2006
18e Mini Fastnet 2006
2e Trophée MAP 2006
6e Pornichet Select 2006
14e Mini Transat 2005
4e Transgascogne 2005
10e Open Demi Clé 2005
7eMini Fastnet 2005
11e Mini Pavois 2005
4e Select 6.50 2005
5e Triangle du Soleil 2004
10e Mini Med 2004
56e Mini Fastnet 2004
7e Mini Cup 2004

Mini n°667
Nom de course :
Degrémont-Synergie

 
Plan FINOT-CONQ
Chantier AMCO - Année 2007

 Année 2007 Programme à venir:


Actualités 2007

Communiqué de presse n°25

Dimanche 28 Octobre 2007

La belle histoire d’Isabelle

Isabelle Joschke et son Degrémont-Synergie ont franchi la ligne d’arrivée, devant Salvador de Bahia, hier, samedi 27 octobre, à 18 h 54 minutes et 51 secondes TU, après 21 jours 7 heures 37 minutes et 51 secondes de course, en 38e position au classement général de l’étape, 25e des protos, et première des sept femmes engagées dans la course. Sérieuse prétendante au podium, après une avant-saison remarquable et la victoire de la première étape à Funchal, la navigatrice n’a pas atteint ses objectifs, handicapée par une série d’avaries, rappelant que la voile est un sport mécanique. Mais la déception digérée, Isabelle est heureuse aujourd’hui d’être allée jusqu’au bout de son histoire.

Yves Le Blévec, Adrien Hardy, Hervé Piveteau, David Sineau, Ronan Deshayes… Ils étaient nombreux, très nombreux hier après-midi sur le ponton de Salvador de Bahia pour accueillir Isabelle Joschke à son arrivée. Un accueil digne de celui que l’on réserve aux vainqueurs. Et c’est une Isabelle, souriante, radieuse, en pleine forme et parfaitement détendue que tous ont retrouvée.

Si la navigatrice ne cache pas sa déception, elle en a pris son parti et préfère ne conserver de cette transat que les bons moments et le souvenir d’une immense et magnifique «solidarité» entre coureurs, véritable marque de fabrique de la course. Ses impressions quelques minutes après le bain rituel dans la Baie de tous les Saints.

Comment se sont passées ces deux dernières semaines de navigation?
«Je suis repartie du Cap Vert à bloc. Mais manque de chance, 100 milles plus loin, c'est-à-dire le lendemain, j’ai été victime d’une autre avarie: la sous-barbe du bout-dehors a lâché. Pour réparer, j’ai du percer un trou dans la crash box (compartiment avant) qui s’est remplie d’eau. La réparation a tenu, mais c’était moins solide qu’à l’origine. Il a donc fallu essayer de naviguer aussi vite que possible en ménageant ma monture au portant. Ensuite, je suis arrivée dans le Pot au noir où j’ai retrouvé plein de bateaux. Cela a été un moment très sympa, même si c’était dur parce qu’il n’y avait pas de vent. Mais l’ambiance était très solidaire entre les coureurs. On se parlait beaucoup par VHF. Puis, je suis sortie du Pot au Noir pour entamer la partie la plus difficile, au près, dans les embruns: le bateau tape constamment dans les vagues, ton ciré est trempé… Cela a duré jusqu’à il y a 24 heures! Puis le vent est venu de l’arrière, j’ai pu ouvrir et naviguer sous spi. C’était génial!»

Qu’as-tu ressenti en franchissant la ligne d’arrivée?
«Quand je suis arrivée à l’approche de Salvador, c’était déjà magique, grandiose, magnifique. J’adore cet endroit. C’est là que l’on mesure la route accomplie. Plus la traversée a été longue et difficile, plus l’arrivée est grande. J’étais super contente. C’est un moment que j’attendais depuis deux ans. Je l’ai super bien vécu!»

Avec une pointe de déception?
«C’est sûr que je n’ai pas fait la transat que j’espérais. Il faut être capable d’accepter cela en aléa. Cela fait partie des règles du jeu. Sinon ce n’est pas la peine de partir… C’est vrai que j’ai pensé abandonner. Mais c’était frustrant d’arrêter la belle histoire au bout de trois jours»

Que s’est-il passé à Mindelo?
«Quand j’ai appris que Lucas Montagne arrivait avec du matériel, cela m’a remotivé. Parce qu’au début, dans la déception, je me suis sentie très seule. J’avais l’impression que j’avais porté le projet à bout de bras et que je me retrouvais seule dans ma misère. Mais quand je suis arrivée à Mindelo, je me suis aperçue qu’il y avait plein de gens derrière moi, qui me soutenaient, qui n’avaient pas envie que j’arrête. Du coup, je crois que c’est cela qui m’a le plus motivé à finir cette histoire

Y a-t-il eu malgré tout du plaisir?
«Oui, parce qu’il y a eu des moments de navigation très agréables. J’ai voulu profiter de mon bateau au maximum parce que je savais que c’était ma dernière navigation avec lui. Et que ce bateau est vraiment un bijou. Mais il y a eu aussi des moments difficiles, où je me disais qu’il fallait aller au bout. C’était vraiment une alternance de coups durs et de moments agréables

On dit que la Transat c’est 95% de galère et 5% de plaisir?
Eclats de rire. «Je ne sais pas. Mais c’est sûr qu’à l’arrivée on ressent un énorme plaisir et une énorme satisfaction. Toutes les difficultés, tous les malheurs que l’on a vécus, se transforment en expérience et nous enrichissent. Et c’est cela qui est magnifique dans la Transat. Même quand on ne fait pas la Mini que l’on aurait souhaité, on apprend beaucoup de choses

Quels enseignements tires-tu de cette transat?
«En premier lieu, j’ai appris que dans des projets comme cela, il y a une énorme part de risque du début à la fin. Rien n’est joué, jusqu’à ce que tu aies franchi la ligne d’arrivée. Il faut l’intégrer, l’accepter. Quand on s’investit autant dans un projet comme celui-ci, il faut être capable d’anticiper les coups durs. Donc, le premier enseignement que j’en tire, c’est l’expérience d’une grosse déception après un investissement énorme. Ce que j’en tire aussi, c’est que quand on commence une histoire comme celle-là, il faut aller au bout. Accepter de changer de mode. Passer du mode «course» au mode «je finis mon histoire», en oubliant l’objectif premier. Je crois que c’est cela qui a été le plus riche pour moi. »

Une transat entre bonheur et déception. Elle y travaillait depuis plus de deux ans, avec un seul objectif, la victoire. Mais, le 9 octobre, quelques jours après avoir quitté Madère, les espoirs d’Isabelle se sont évanouis, avec la casse du pivot de son bout-dehors. Retour sur les temps forts d’une transat qui restera marquée par le bonheur de la victoire à Funchal, et la douleur d’avoir échoué sur la deuxième étape. Le 24 septembre, à 2 h 11 minutes et 30 secondes, à l’issue d’un sprint échevelé de 5 jours 15 heures 33 minutes et 30 secondes, elle glisse sur la ligne d’arrivée en vainqueur avec 4 heures 23 minutes d’avance sur Sam Manuard. La victoire est belle et propre. Mais Isabelle sait que le plus dur reste à venir et que rien n’est jamais acquis.

C’est donc le mors aux dents que la navigatrice attaque, le 6 octobre, la seconde étape qui la mènera jusqu’à Salvador de Bahia. Après un départ prudent, trois jours plus tard, au pointage de 6 h du matin, elle s’est faufilée à la 3e place. Mais alors qu’elle glisse à près de 13 noeuds, en direction du Cap Vert, marque de parcours obligatoire, son pivot de bout-dehors casse dans un surf. Elle tente plusieurs réparations, jusqu’à ce que le bout-dehors lui-même ne cède. Voyant ses espoirs de victoire s’envoler, Isabelle décide de faire demi-tour vers les Canaries. Puis, après réflexion et sur les conseils de Denis Hugues, elle remet le cap sur le Cap Vert, sans savoir encore si elle reprendra la course. Le 14 octobre, dans la matinée, elle met pied à terre à Mindelo sur la petite île de Sao Vicente. Elle apprend qu’un membre de son équipe doit arriver dans la journée avec le matériel nécessaire pour réparer. Plus question d’abandonner. Douze heures plus tard, en pleine nuit, elle largue à nouveau les amarres, déterminée à se battre pour rattraper le retard. Elle est alors 67e au classement, à 1993 milles. Alors qu’Yves Le Blévec, le leader, est déjà à mi-parcours, certes dans les affres du Pot au noir, mais avec une confortable avance de quelque 80 milles sur son poursuivant direct…

Le lundi 22 octobre, soit une semaine plus tard, Isabelle, qui a réenclenché le turbo, passe l’Equateur en 36e position. Elle navigue quasiment à vue avec Sam Manuard, qui fonce sur elle, et finit par prendre l’avantage.

Le samedi 27, épilogue de la traversée A 18 h 54 minutes et 51 secondes, elle franchit la ligne d’arrivée devant Salvador de Bahia, après 21 jours, 7 heures 37 minutes et 51 secondes, en 38e position au général de l’étape, 25e au classement proto, et première des sept femmes engagées. Heureuse.

- Sabine Rous, responsable communication de Degrémont: «Degrémont et ses collaborateurs soutiennent Isabelle. Ils admirent son enthousiasme et surtout sa détermination à porter leurs couleurs jusqu'au Brésil comme convenu, et ce malgré les difficultés qu'elle a rencontrées. Nous reconnaissons les valeurs de courage, et de persévérance qui l'animent. Nous attendons avec impatience son retour en France pour lui transmettre cette admiration et la féliciter

- Florence Cormeray, responsable communication de Synergie: «Nous sommes fiers de soutenir quelqu’un comme Isabelle Joschke. Ce qui lui est arrivé est vraiment dommage, parce qu’elle avait toutes les capacités de gagner cette course haut la main. Le fait qu’elle s’arrête pour réparer, puis reparte, montre tout le bien que l’on pense d’elle. Dans la difficulté, elle a prouvé qu’elle avait du ressort.»

- Raphaëla le Gouvello, marraine de Degrémont-Synergie: «J'ai évidemment suivi de très près tout le déroulé de la course, heureuse avec Isabelle de sa première manche et désolée de ce qui lui est arrivé sur le 2ème. Au moment de ses problèmes, lorsqu'elle venait de casser et pas encore sûre de sa décision, je lui ai fait passer un petit mot via l'organisation de course, pour lui dire combien nous étions avec elle, quelle que soit sa décision et qu'elle suive son intuition. Elle a décidé de repartir, aussi aidée par un formidable soutien, et je n'en ai pas été étonnée. Pourtant, cela n'a pas dû être facile, aussi bien quand elle faisait route vers Sao Vicente à petite vitesse que lorsqu'elle était encalminée dans le Pot au Noir alors que les premiers caracolaient déjà vers l'arrivée, ceux-là même avec qui elle concourrait dans les épreuves précédentes. Mais elle a fait une remontée extraordinaire et montré dans cette dernière course toutes ses qualités de marin. C'est aussi dans des moments difficiles, comme ce dernier, que l'on progresse, et je suis certaine qu'Isabelle revient de cette traversée encore plus performante, forte, décidée et aguerrie pour les autres courses au large qui l'attendent.»

- Thierry Fagnent, chantier AMCO, constructeur du proto: «Nous sommes très déçus, en terme de résultat, de l’issue finale de l’aventure. Et je pense qu’Isabelle l’est encore plus, parce qu’elle partait avec certaines prétentions. Néanmoins, elle a très bien mené son projet et a prouvé, en avant-saison ainsi que sur la première étape, qu’elle était capable de faire de belles choses. C’est très bien qu’elle soit repartie du Cap-Vert pour terminer sa course. J’espère, malgré tout, qu’elle a réussi à prendre du plaisir sur cette dernière partie. Isabelle avait de nombreux arguments dans sa besace pour prétendre à la victoire. Cela s’est joué sur une petite pièce qui était sous-dimensionnée. Je ne connais pas ses projets pour l’avenir, mais si elle souhaite poursuivre dans la course au large, elle a toutes les chances de réussir. C’est une fille brillante et bosseuse».




Communiqué de presse n°24

Jeudi 25 Octobre 2007

Isabelle Joschke attendue à Bahia dans la nuit de samedi à dimanche

389 milles. C’est la distance qu’il restait à parcourir à Isabelle, cet après midi à 15 h TU pour couper la ligne d’arrivée mouillée dans la Baie de Tous les Saints devant Salvador de Bahia. La direction de course, assurée par Denis Hugues, table sur une ETA (heure estimée d’arrivée) le dimanche 28 à 0 h 30 TU, soit samedi 19 h 30 heure française. La navigatrice se trouvait ce matin au large de Récife, à une vingtaine de milles dans le tableau arrière de Sam Manuard, autre favori malheureux de cette Transat 2007, lui aussi contraint à une escale technique au Cap Vert. Elle glissait à 5,9 nœuds dans des alizés mollissants.

Connaissant Isabelle, même si ses espoirs de victoire se sont définitivement envolés depuis son avarie de bout-dehors, on imagine aisément qu’elle fait appel à tout le potentiel de son proto, pour grappiller encore quelques places au classement, et peut-être repasser devant Sitting Bull, sur ce dernier sprint final le long des côtes brésiliennes. Fidèle à sa devise de « ne jamais rien lâcher ».

Difficile aujourd’hui d’avoir une idée de la place qu’elle occupe dans le classement, en raison des dysfonctionnements des balises de positionnement. Ce matin, Isabelle, dont la balise semble néanmoins émettre normalement, était pointée 13e, sachant que près d’une quarantaine de concurrents n’était pas localisée.

Quoi qu’il en soit, entre sa superbe victoire à Funchal et la belle remontée effectuée depuis Mindelo, elle a déjà fait la preuve, dans cette Transat 2007, de son talent et d’une remarquable détermination, qui force l’admiration de ses paires. 

Cet après-midi, treize concurrents avaient franchi la ligne d’arrivée. Le podium de cette Transat 2007 est désormais connu : 1er Yves Le Blévec (Actual), 2e David Sineau (Bretagne Lapins), 3e  Fabien Despres (Soitec).




Communiqué de presse n°23

Lundi 15 Octobre 2007

Après une escale technique au Cap Vert, Isabelle Joschke a remis le cap sur le Brésil

C’est reparti pour Isabelle Joschke! Après une escale de 12 heures à Mindelo, le temps de réparer son bout-dehors, la navigatrice a repris la mer, le couteau entre les dents, avec son proto Degrémont-Synergie. Objectif: rallier Bahia au plus vite et se faire plaisir.

Après une escale technique de 12 heures hier dimanche, Isabelle Joschke a quitté Mindelo hier soir à 22 h (heure du Cap Vert), soit 1 h du matin heure française, plus que jamais déterminée à rallier le Brésil le plus vite possible. Accueillie le matin même sur la petite île de Sao Vicente dans l’archipel du Cap Vert, par une poignée de ministes, dont Sam Manuard, autre favori également en escale technique, la navigatrice ne savait pas encore si elle allait reprendre la course.

Une première conversation téléphonique avec Denis Hugues, le directeur de course, puis avec son équipe à Paris qui lui a annoncé l’arrivée imminente de Lucas Montagne, avec du matériel de rechange, ont fini de la convaincre de reprendre la barre pour boucler cette transat. Si ses espoirs de victoire se sont envolés depuis la casse, mardi, du pivot de son bout dehors, puis de son bout dehors lui-même, elle peut encore, à la faveur de l’avance engrangée sur la première étape, aspirer à une place honorable. Les coureurs le savent, tant qu’une ligne d’arrivée n’est pas franchie, tout peut encore se jouer.

C’est donc avec impatience, qu’elle a attendu l’arrivée hier soir à 19 h 30 ( heure locale -3H heure française) de Lucas Montagne, spécialiste es électronique marine, ministe confirmé et proche d’Isabelle, qui a travaillé sur la préparation du proto. Ensemble, ils se sont mis au travail dare dare. Et en deux heures, la réparation était terminée, le pivot et le bout dehors changés. Le temps d’avaler sur le pouce un lyophilisé, Isabelle a largué les amarres.

Puis poussée par l’alizé qui soufflait gentiment à 15 noeuds, elle a vu rapidement les lumières de Mindelo s’éloigner dans son tableau arrière.

Passées la déception bien légitime, et certainement la colère, elle a retrouvé le large, le moral regonflé à bloc par les messages d’encouragement de son entourage, à l’image de Jeanne Grégoire ou encore de Cécile Poujol, ancienne ministe, aujourd’hui skipper de Class 40, et amie. Touchée aussi par la chaîne de solidarité qui s’est mise en place au chantier AMCO de Thierry Fagnent, qui a notamment organisé le voyage express de Lucas et fourni le matériel nécessaire à la réparation.

Il va maintenant lui falloir cravacher dur pour rattraper le temps perdu et tenter de se rapprocher de ses petits camarades en tête de la flotte, aujourd’hui situés à quelque 500 milles devant elle, soit près de trois jours de navigation. Mais aller vite, Isabelle ne demande que cela. Reste à savoir si le Pot au Noir, dont les effets ont commencé à se faire sentir hier par les premiers, sera indulgent avec elle.

En attendant, au pointage de 6 h ce matin, Degrémont-Synergie était déjà pointé à la 64e place et marchait à la bagatelle de 13,4 nœuds! La navigatrice a manifestement enclenché le turbo!

Joint par téléphone dans la nuit, juste après le départ d’Isabelle, Lucas Montagne raconte sa rencontre express avec la navigatrice: « Elle est repartie très très motivée avec l’objectif de rallier Bahia dans les meilleures conditions, de naviguer à son rythme, c'est-à-dire à fond, de remonter le plus de bateaux possible et de se faire plaisir. Bref de continuer la belle histoire qu’elle a commencé avec son bateau. Elle m’a raconté que quand elle était arrivée ce matin à Mindelo, c’était un peu dur moralement. Que ces quatre jours sans pouvoir mettre le spi avaient été difficiles à vivre. C’était comme si on avait rogné les ailes de son bateau. Elle ne pensait pas pouvoir repartir. Mais dès qu’elle a su qu’elle pouvait réparer et retrouver un bateau apte à naviguer à 100%, elle s’est tout de suite décidée. Quand je suis arrivé ce soir, le bateau était prêt à partir, matossé. Il n’y avait qu’à réparer. En deux heures, c’était fait. On a changé le pivot du bout dehors (pièce de liaison entre l’étrave et le bout dehors) et le bout dehors, et elle est repartie tout de suite, le couteau entre les dents, à fond. Cela faisait plaisir de la voir comme cela. C’était mon objectif en venant ici. Avec Thierry Fagnent, lorsqu’on a appris qu’elle avait cassé et qu’elle n’avait pas le moral, on s’est dit que l’on ne pouvait pas la laisser comme cela. Qu’il fallait l’aider. Je la connais depuis quelques temps. On a travaillé ensemble plusieurs fois. C’est une battante. Cela ne lui ressemblait pas d’abandonner




Communiqué de presse n°22

Jeudi 11 Octobre 2007

Isabelle Joschke en route pour le Cap Vert

Il n’y a aujourd’hui plus de doute. Isabelle Joschke à bord de son proto Finot-Conq, Degrémont-Synergie, fait route vers l’archipel du Cap-Vert, désormais distant de 450 milles environ.

Après avoir d’abord fait demi-tour vers les Canaries hier matin, suite à une avarie sur son bout-dehors, la navigatrice franco-allemande, semble-t-il, a préféré dans l’après-midi redescendre vers le Sud. Pourquoi et pour y faire quoi ? Autant d’interrogations qui restent pour l’heure sans réponse.

Depuis hier, aucune autre communication par VHF n’a eu lieu. Les bateaux accompagnateurs de la Transat 6.50 étant appelés vers d’autres concurrents en difficulté, dans une flotte qui s’étale sur plus de 500 milles.

Affectée par l’avarie qui touche son mini, Isabelle, lors de la dernière liaison VHF, n’a fait état, cependant, d’aucune décision pour l’avenir. A l’heure actuelle, elle est toujours en course. Cet après-midi, son mini progressait à une vitesse de 6 à 7 nœuds. A ce rythme-là, elle pourrait toucher Mindelo, sur l’île de Sao Vicente, située entre les îles de Santo Antao et de Maio, passage obligé des concurrents, ce week-end, entre samedi 12 h et dimanche minuit. Là, elle devra choisir entre réparer et reprendre la mer le plus vite possible pour rejoindre la flotte, ou jeter l’éponge.

Dans son entourage, on réfléchit à la possibilité d’aller l’accueillir sur place. Mais rien n’est encore arrêté.




Communiqué de presse n°21

Mercredi 10 Octobre 2007

Avarie à bord de Degrémont-Synergie
Isabelle Joschke entre les Canaries et le Cap Vert

Après avoir tenté le maximum pour réparer le pivot de son bout-dehors endommagé, Isabelle Joschke, vainqueur de la première étape de la Transat entre La Rochelle et Madère, fait route vers la terre. Les Canaries ou le Cap-Vert? A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’est encore sûr. S’arrêtera-t-elle pour réparer et reprendre la course ou pour abandonner? La question est entière. Retour sur ses 48 dernières heures de course.

Pointée 3e à 6 h hier mardi, sa 8e position 12 heures plus tard, n’augurait rien de bon. Dans le top 5 depuis le début de la semaine, ce brusque ralentissement avait de quoi inquiéter. Puis ce matin, le classement est tombé comme un couperet: 57e sur une route pleine Est! Superbe vainqueur de la première étape entre La Rochelle et Funchal, et sérieuse prétendante à la victoire finale, Isabelle Joschke, manifestement, connaissait des difficultés. Pourtant, partie samedi de Madère, elle effectuait un début de course prometteur, au contact des leaders Adrien Hardy, Yves Le Blévec and co…

Jointe, depuis, à la VHF, à plusieurs reprises, par un bateau accompagnateur, elle a expliqué avoir cassé, à hauteur des Canaries, le pivot de son bout-dehors (ndr: espar ou tangon à l’avant du bateau permettant d’envoyer le spi). Réparée grâce à une pièce de rechange, la nouvelle articulation a cédé à son tour dans une embardée violente. Isabelle a alors tenté d’effectuer une réparation de fortune en stratifiant. Mais là encore, la réparation n’a pas tenu. La navigatrice a donc installé le bout-dehors dans l’axe de l’étrave. Et cette fois, c’est le bout-dehors lui-même qui a cassé. Impossible dès lors d’envoyer le spi… Et de profiter au mieux des alizés pour rallier le Brésil.

Qu’a décidé Isabelle? Difficile pour l’heure de répondre. Les communications entre la terre et les bateaux étant limitées. C’est un des principes de la Transat 6.50. Les coureurs ne disposent que d’une VHF à portée limitée, qui leur permet de communiquer seulement avec les bateaux accompagnateurs, qui à leur tour, assurent le relais avec le PC course basé à la Rochelle.

D’après les relevés, la navigatrice a manifestement d’abord fait demi-tour vers les îles Canaries. Mais cet après-midi, il semblerait qu’elle ait remis le cap au Sud pour rallier Mindelo sur l’île de Sao Vincente dans l’archipel du Cap-Vert, situé à environ 600 milles. Le pointage de la nuit prochaine permettra de le confirmer ou non. Si oui, qu’a-t-elle l’intention de faire? Réparer et reprendre la course ? Ou abandonner la mort dans l’âme ? On imagine l’immense dilemme auquel elle doit faire face, sachant que ses espoirs de podium s’envolent au fil des heures. On imagine aussi sa frustration de voir, impuissante, ses concurrents filer plein pot vers le Brésil.

Prochaines informations dans un communiqué demain jeudi 11 octobre.




Communiqué de presse n°20

Vendredi 5 Octobre 2007

Isabelle Joschke et son Degrémont-Synergie, parés pour le grand saut avec plus de 4h de bonus

Le départ de la deuxième étape de la Transat 6.50 Charente-Maritime – Bahia sera donné samedi, devant Funchal, à 12 h 02 locales précises, soit 13 h 03, heures françaises. Les 89 concurrents auront à parcourir 3100 milles pour rallier Salvador de Bahia. Après sa remarquable victoire sur la première étape, Isabelle Joschke repart, sur son Degrémont-Synergie, avec plus que jamais l’envie de gagner vissée au corps, sachant que rien n’est jamais acquis…

«Il est temps que l’on parte. Cette escale commence à être limite un peu longue!» A moins de 48 h du coup d’envoi du deuxième acte de la Transat 6.50 Charente-Maritime – Bahia, Isabelle Joschke ne cache pas son impatience. Victorieuse avec panache du premier round entre La Rochelle et Madère, elle trépigne aujourd’hui sur les pontons de Funchal à l’idée de reprendre la mer. Cette première étape n’était finalement qu’une sérieuse mise en jambes. «La vraie transat commence à Madère», confiait la navigatrice à son arrivée dans l’archipel portugais.

Quelque deux semaines plus tard, bien reposée, son proto Degrémont-Synergie révisé minutieusement, l’avitaillement bouclé : Isabelle est prête à s’attaquer à l’assaut de l’Atlantique. «Je suis hyper concentrée. Pour moi, la course a déjà commencé. Sur la Transgascogne, j’ai perdu ma première place joliment sur la 2e étape. Alors, là, pour moi, il n’y a vraiment rien rien qui est acquis. C’est clair que j’ai envie d’y aller, de me battre et que l’on puisse compter les points à l’arrivée. Je sais que cela ne va pas être facile. Et notamment à la fin, où les conditions météos sont favorables à certains bateaux, notamment à ceux de Sam Manuard et d’Yves Le Blévec, qui sont des bateaux de reaching (vent de travers). C’est sûr, pendant quelques jours, ils vont aller plus vite que moi. Rien n’est donc acquis».

Comme à son habitude, et forte déjà d’une participation en 2005 à la Transat 6.50, Isabelle, a travaillé, beaucoup travaillé, potassé la météo, étudié le parcours, s’est préparée physiquement et mentalement à ce grand saut de 3100 milles nautiques en solitaire. Elle sait qu’elle ne devra compter que sur elle-même, le routage et toute aide extérieure étant interdits par le règlement de la course. Elle compte maintenant les heures jusqu’au départ samedi à 12 h 02 locales précises, soit 13 h 02 heures françaises, devant Funchal. Au menu météo: des petits airs pour le départ avant que l’alizé ne s’installer progressivement sur la route des ministes.

La route, justement, la navigatrice la connaît par cœur. Plusieurs passages clés seront à négocier: les îles Canaries, où aucune marque de parcours n’étant imposée, plusieurs options tactiques seront ouvertes, puis les îles du Cap Vert, avant d’attaquer le redouté Pot au noir, célèbre pour ses périodes de grand calme et ses grains soudains à 50 nœuds.«Cinq jours de galère!», résume la navigatrice. Puis passé l’équateur, la flotte, poussée par l’alizé du sud-est, fera route, au près bon plein, vers le Brésil. «C’est un passage inconfortable parce qu’il y a de la mer. L’avantage, c’est que l’on peut se mettre sous pilote et dormir un peu plus. L’inconvénient, c’est que l’on est souvent mouillé et quel’on commence à être mangé par l’humidité. C’est assez dur physiquement». Puis arrivé à Fernando, à l’approche du Brésil, le vent passera de travers. «C’est le dernier sprint final où il ne faut rien lâcher». C’est promis, Isabelle, elle, ne lâchera rien jusqu’à la ligne d’arrivée...

Rappel des temps d’écart entre Isabelle et ses proches pour la prochaine étape. L’accumulation du temps des deux étapes donnera le classement final; Isabelle a un bonus de plus de 4h sur son plus proche pour concurrent. C’est un atout mais pas une garantie de victoire finale. Elle devra être très prudente et pouvoir répondre aux attaques des ténors de la spécialité qui ne lui feront aucun cadeau.

Pos Voile Skipper Bateau Type Arrivée Funchal Temps Ecarts
1 667 Joschke Isabelle Degremont - Synergie proto 24/09/2007 02:11 5 J 15:33:30
2 679 Manuard Samuel Sitting bull proto 24/09/2007 06:35 5 J 19:57:28 4:23:58
3 624 Le Blevec Yves Actual proto 24/09/2007 07:24 5 J 20:46:34 5:13:04
4 424 Deshayes Ronan Pco technologies proto 24/09/2007 12:09 6 J 01:31:04 9:57:34
5 198 Hardy Adrien Brossard proto 24/09/2007 13:14 6 J 02:36:25 11:02:55


Les premiers minis sont attendus à Salvador de Bahia aux environs du jeudi 25 octobre.





Les premiers minis sont attendus à Salvador de Bahia aux environs du jeudi 25 octobre.

Communiqué de presse n°19

Lundi 24 Septembre 2007

Isabelle Joschke raconte sa course à plus de 8 nœuds de moyenne

Première la nuit dernière, sur la ligne d’arrivée à Funchal, de la première étape de la Transat 6.50 Charente-Maritime – Bahia, Isabelle Joschke savoure aujourd’hui sereinement sa victoire en pensant déjà à la deuxième phase qui la conduira à Salvador de Bahia.
Retour sur un sprint de 1100 milles avalé à une vitesse moyenne de 8,11 nœuds.

C’est étonnamment fraîche, qu’Isabelle Joschke a coupé en tête la ligne d’arrivée du premier round de la Transat 6.50 à Funchal (Archipel de Madère), la nuit dernière à 4 h 11 minutes et 30 secondes, après 5 jours 15 heures 33 minutes et 30 secondes de course. Une course qu’elle a conduite tambour battant, imposant dès les premiers jours, un tempo soutenu à ses poursuivants. Dès le 2e jour, en effet, sur un cap proche de la route directe, la navigatrice franco-allemande a pris les commandes de la flotte et ne les a plus lâchées, profitant des vents portants pour allonger la foulée de son proto Finot-Conq, Degrémont-Synergie.

Quitte à en oublier parfois de dormir pour rester accrochée à la barre. Fidèle à elle-même, et sans savoir qu’elle menait la course, étant privée de VHF jusqu’à vendredi, la navigatrice franco-allemande ne s’est jamais accordée aucune concession. Empannant et manœuvrant sans cesse pour rallier au plus vite l’archipel de Madère. Tandis que derrière elle, Sam Manuard (Sitting Bull) et Yves Le Blévec (Actual) tentaient désespérément de reprendre du terrain.

Dans un régime d’alizés bien installé, le long des côtes portugaises Isabelle a fait glisser son proto comme une balle jusqu’à l’arrivée, à une vitesse moyenne de 8,11 nœuds. «Je suis assez en forme», confiait-elle la nuit dernière, ravie, les pieds à peine posés sur la terre ferme. «Je me suis mise dans le rouge à une ou deux reprises au début de la course. (…) En fait il y a eu deux jours, en arrivant sur le Cap Ortegal puis le Cap Finisterre, où j’étais accrochée à la barre. On a eu plus de 25 nœuds de vent. C’est là qu’il fallait être vraiment dessus, pour aller vite tout en faisant attention à ne pas casser. Cela a été le moment le plus difficile. Du coup, j’ai moins mangé, moins dormi. Mais ces deux dernières nuits, j’ai pas mal dormi. J’étais sous pilote. Le bateau marchait super bien».

Reposée et rassasiée, Isabelle Joschke peut maintenant savourer tranquillement sa victoire et se refaire le film de sa cavalcade vers le Sud.

«J’ai vécu ces derniers jours, les plus beaux de la saison. Je n’ai jamais autant pris mon pied en mini. On a eu des conditions similaires à celles d’il y a deux ans, mais à l’époque je n’avais pas pu en profiter parce que j’avais une panne de groupe. J’avais trouvé ça horrible d’être sous spi pendant 24 h sur 24 et être obligée de barrer. Tandis que là, j’ai connu la version cool».

4 h 25 minutes et 55 secondes d’avance sur le second Sam Manuard, 5 heures 43 minutes et 4 secondes sur le troisième Yves Le Blévec, tandis que Peter Laureyssens sur Ecover, le sistership de son Degrémont-Synergie se trouvait aujourd’hui à encore 26,7 milles de l’arrivée au pointage de 12h10. Isabelle, s’est révélée la plus rapide, en exploitant au maximum, toutes les astuces technologiques de son proto. A armes égales, elle a fait la différence prouvant qu’au delà de la qualité de la monture, ce sont l’intelligence, l’intuition, le sens marin, la détermination et le travail qui font la réussite. Mais Isabelle ne veut pas crier victoire et s’endormir sur ses lauriers. Elle pense déjà au second round de la Transat 6.50 qui mènera la flotte à Salvador de Bahia dont le départ est programmé le samedi 6 octobre.

Après ce premier sprint endiablé, une autre configuration de course s’annonce avec 3100 milles à avaler et la gestion de situations météorologiques délicates. C’est l’addition des deux temps de course des deux étapes qui déterminera le classement final. En attendant, la jeune navigatrice, force déjà l’admiration de ses paires. Quelques réactions d’anciens ministes, qui depuis, ont su tracer leur route dans le monde de la course au large.

-     Isabelle Autissier: «Je suis très contente pour elle. Je ne la connais pas bien. Mais j’ai bien repéré que c’était une fille sérieuse qui avait du talent. Je crois que je suis la seule femme à avoir fait un podium en 1987. Et cela me plairait qu’Isabelle gagne la Mini. Comme elle a du talent, ce serait largement mérité. Je l’encourage. Ce qui m’a plus, ce n’est pas le côté féminin pour être féminin. Ca c’est plutôt le clin d’œil. Mais, c’est une fille qui a un vrai réel talent. C’est cela qui m’intéresse. Elle a une bonne façon de prendre les choses. Elle est têtue comme il faut. Apparemment elle est assez sereine et a du bonheur à naviguer. C’est ne bonne base».

-     Catherine Chabaud: «Je suis très heureuse pour elle. C’est super ce qu’elle a fait. Je suis son parcours depuis ses débuts. Et je vois bien que c’est quelqu’un qui est vraiment passionnée par la mer et les bateaux. Elle mène bien sa marque. Elle a l’air très organisée dans sa façon de préparer son projet et d’être très déterminée. On voit qu’elle ne lâche rien. Elle me fait penser à des personnes comme Ellen Mac Arthur ou Michel Desjoyaux. Ce n’est pas toujours évident de ne pas lâcher quand on est en course. Et Isabelle y arrive. J’aimerais bien qu’elle réussisse la même chose sur la deuxième étape».

-     Jean-Luc Van den Heede: «C’est super.Cela ne m’étonne pas qu’elle ait gagné. Elle avait fait une avant-saison assez remarquable. Elle a la réputation d’avoir une volonté farouche. C’est nécessaire dans ce domaine. Je lui souhaite de faire pareil pour la suite de la course. Surtout qu’elle n’ait pas d’ennuis techniques. C’est toujours dramatique, surtout quand on a la pression d’avoir gagné une première étape, d’avoir un ennui qui vienne annuler tous les efforts faits précédemment

-     Thierry Dubois: «Isabelle a creusé un trou dès le début, puis elle a navigué propre devant, vite et bien. Elle a bossé beaucoup depuis qu’elle navigue en mini. Elle est méthodique et bosseuse. Elle récolte aujourd’hui le fruit du travail. Sachant qu’elle a un bateau au top au niveau performance. Elle allait déjà vite avant avec son bateau plus ancien. Maintenant avec son nouveau bateau, c’est logique qu’elle joue devant. Qu’elle gagne l’étape, ce n’est pas le fruit du hasard. Ce n’est pas un coup de chance. Ni même un coup miracle en termes de météo. C’est la bonne vitesse, la bonne régularité et du travail».




Communiqué de presse n°18

Lundi 24 Septembre 2007

1ère étape: 1ère place, après une course parfaite pour Isabelle Joschke victorieuse à Funchal
«C’était le bonheur intégral!»

Isabelle Joschke a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée à Funchal (archipel de Madère) de la première étape de la Transat 6.50 Charente-Maritime / Bahia, cette nuit à 4 h 11 min 30, ( heure française) après 5 jours et 16 heures de course. (temps officiel prochain CP)

Une victoire éclatante à l’issue d’une course menée admirablement de bout en bout. La navigatrice franco-allemande, à bord de son proto « Degrémont-Synergie », un plan Finot-Conq, s’est en effet emparée de la tête de la flotte dès le deuxième jour, pour ne plus la lâcher, creusant méthodiquement l’écart avec ses poursuivants, pourtant offensifs, sur la route la plus directe vers Madère. Le golfe de Gascogne rapidement englouti malgré des régimes anticycloniques, elle a ensuite, attaqué sa descente vers le Sud, plein pot, multipliant les empannages toujours à bon escient, boostée par des alizés portugais bienfaiteurs soufflant jusqu’à 25 nœuds sur une mer joliment formée.

Pour mémoire, il y a vingt ans tout juste, c’était une autre Isabelle qui s’imposait au terme de la première étape de la Mini, à Tenerife… Une certaine Isabelle Autissier...

Les impressions à chaud d’Isabelle, rayonnante, à son arrivée au ponton, liaison avec son équipe à Paris:

-      Bravo Isabelle ! Comment te sens-tu?
Je suis hyper contente et assez en forme finalement. On a fait plein de portant, et j’ai pu pas mal naviguer sous pilote. On a eu des conditions super. Je n’avais pas fait de course jusqu’à présent où le bateau pouvait s’exprimer comme cela. On a eu deux-trois jours spécifiquement dans les cordes du bateau. C’était le bonheur intégral! Le bateau allait vite. Il est sain. Du coup, je me suis vraiment éclatée pendant toute la course. J’en ai profité tout le temps.
Je réalise à peine. J’étais tellement concentrée sur la fin, parce que je savais que l’arrivée à Funchal était délicate. Souvent il n’y a pas de vent devant Funchal et on peut rester scotché une nuit entière devant le port. Du coup, je n’ai pas eu le temps de réfléchir et de me réjouir. Mais maintenant je suis toute relâchée. Encore une fois, je suis hyper contente… En même temps, ce n’est que la première étape, et il ne faut pas s’emballer. C’est génial parce que c’est toujours ça de pris. Parmi nos objectifs, on s’était dit qu’au moins une victoire d’étape ce serait le top. Mais je pense qu’il faut rester concentrer dans la course. Le plus gros reste à venir. Là, c’était le petit sprint de départ !

-     Tu as pris la tête dès le 2e jour de course…
Ah bon! Dès le 2e jour? Je ne le savais pas. La grande classe! En fait, sur la première partie de la course, je m’étais fais une raison, parce que ma VHF (NDR:radio courte portée) ne fonctionnait pas. J’ai donc fait ma course au mieux, comme d’hab. Ce n’est que vendredi que j’ai réussi à capter la vacation. J’étais un peu stressée de savoir où j’étais. Quand j’ai appris que j’étais en tête, je me suis dit la grande classe!

-     De l’extérieur, on a l’impression que cela a été assez facile pour toi?
Oui… Enfin bon, c’était chaud au début quand même. Il y avait du vent, il fallait manœuvrer souvent. Il fallait faire très attention à ne pas casser le matériel. C’est ça qui a été le plus difficile: aller le plus vite possible, sans jamais contraindre le matériel. A chaque instant, quand tu rentres dans une vague, tu peux casser le bout dehors, déchirer une voile. J’ai eu ce stress là pendant 24 heures après le cap Finisterre. Le vent est monté assez fort, jusqu’à plus de 25 nœuds. Du coup, il fallait toujours adapter sa voilure. Et ça c’est stressant. Si tu fais une bêtise, tu peux mettre en l’air ta transat. Mais pour moi, c’était un sprint, un peu à part de la transat. En tout cas, c’est les plus beaux jours de la saison que j’ai réalisé. C’est clair, je n’ai jamais pris autant mon plaisir en mini.




Communiqué de presse n°17

Lundi 17 Septembre 2007

Repos et concentration pour Isabelle Joschke avant le départ demain mardi 18 septembre.

La décision était suspendue depuis samedi aux bulletins météo. La direction de la course a finalement tranché aujourd’hui, en milieu de journée, à la faveur de prévisions plus clémentes : la Transat 6.50 Charente-Maritime / Bahia partira demain mardi 18 septembre à 12 h 30 au large de la Maison de la Charente-Maritime de La Rochelle.  Dans les starting blocks depuis déjà plusieurs jours, Isabelle Joschke profite de ces heures supplémentaires à terre pour se reposer, se concentrer et relâcher la pression, avant de rentrer à fond dans le match.

Départ reporté à mardi 12 h 30. Un fort flux d’ouest avec des vents de force 9 annoncé pour la nuit de lundi à mardi dans le Golfe de Gascogne a conduit la Direction de course à reporter le départ de la 16e édition de la Transat 6.50 à demain mardi 18 septembre, 12 h 30. «  Le vent sera toujours présent sur zone et il devrait souffler de secteur nord/nord-ouest de force 4 dans une mer clapoteuse mais peu agitée compte tenu du secteur du vent dominant et de la protection des îles. Le départ sera donné au large de la Maison de la Charente-Maritime», observait l’organisation de la course aujourd’hui en début d’après-midi.

Après une entrée en matière ventée, les 89 concurrents devraient rencontrer au fil des heures des conditions anticyloniques avec des vents très légers pour la journée de mercredi.

L’annonce de ce départ, maintenant imminent, ravit Isabelle Joschke qui ne cache pas son impatience de retrouver le large à bord de son Degrémont-Synergie. « La décision de reporter le départ a été une bonne chose pour tout le monde. Nous ne voulions pas revivre une course comme la Transgascogne… Mais maintenant, je voudrais vraiment partir… »




Communiqué de presse n°16

Jeudi 13 Septembre 2007

Isabelle Joschke impatiente de larguer les amarres

J-3 Dimanche prochain à 11 h, les 89 navigateurs mettront le cap au Sud pour rallier Funchal, dans l’archipel de Madère, terme de la première étape de la Transat 6.50, avant le grand saut vers Salvador de Bahia. Au menu : 1100 milles à travers le Golfe de Gascogne, puis le long des côtes portugaises. Isabelle Joschke est dans les starting blocks. Prête et impatiente de quitter la vie de terrien pour retrouver le large, son terrain de jeu favori, avec son proto Degrémont-Synergie.  Et une énorme envie de figurer aux avant-postes !

Dernière ligne droite pour Isabelle Joschke. Dimanche à 11 h, au pied de Fort Boyard, la flotte s’élancera vers Funchal dans l’archipel de Madère, terme du premier round de la transat. Derniers checks des équipements et de l’avitaillement, contrôles des voiles, du marquage et de la sécurité du bateau, visite médicale, séances photos, ultimes réglages… Ces dernières heures à terre, comme à la veille de chaque départ de course, sont comptées et bien chargées.

Après des mois de préparation bien orchestrés, Isabelle et son Degrémont-Synergie sont fins prêts. Physiquement au top, et techniquement au point, la navigatrice attend maintenant avec impatience le moment de larguer les amarres pour la première étape de 1100 milles qui emmènera dans un premier temps la flotte à travers le Golfe de Gascogne, puis le long des côtes portugaises. Un golfe qui sait réserver bien des surprises, et pas toujours les meilleures. Isabelle préfère donc rester prudente.

« C’est un terrain de jeu que je connais, pour l’avoir pratiqué plusieurs fois lors de la Mini il y a deux ans, lors des Sables – Les Açores – Les Sables l’année dernière, ou encore cette année lors de la Transgascogne.
Mais on ne peut jamais dire qu’on le maîtrise, parce que c’est un plan d’eau très complexe… Selon la météo, il peut s’avérer plus compliqué que ce que l’on imagine. Et les options à prendre ne sont pas forcément celles que l’on croit. En tout cas, c’est un parcours que j’ai travaillé plusieurs fois, et que j’ai encore préparé pour cette nouvelle traversée. Mais dire que l’on est au point en météo, c’est un peu présomptueux. On n’est jamais à l’abri de faire de grosses erreurs,  quel que soit son niveau. Je reste donc prudente pour le début, parce qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent se jouer. L’idéal serait qu’on se retrouve rapidement dans des vents portants, c'est-à-dire de nord, nord-est, qui sont des vents dominants après le cap Finisterre »


A J moins 3, les prévisions ne sont pas encore très précises. Mais ce qui se dessine pour l’heure, c’est du petit temps pour le départ, et du vent plus soutenu et portant, au passage du Cap Finisterre avec des rafales qui pourraient atteindre 30 à 40 nœuds. « Il s’agira donc de ne pas se faire larguer au départ, puis de ne pas tout casser et de bien gérer le matériel dans le gros temps, jusqu’à l’arrivée », confie Isabelle, qui ne cache pas sentir la pression monter à la veille du grand jour.

Ce départ, dimanche, sera l’aboutissement de deux années de travail et d’entraînement. Un entraînement qu’Isabelle a effectué en partie au Pôle France « Finistère course au large » à Port-la-Forêt (référence en matière de préparation à la course au large en solitaire et particulièrement à la Solitaire du Figaro) à l’image d’Yves le Blévec, Adrien Hardy ou encore de Peter Laureyssen, trois autres grands favoris de cette transat 2007.

Entraînements sur l’eau, préparation physique, accompagnement médical, cours de météo et de tactique… « Isabelle s’est montrée très impliquée dans son projet tout au long de ces deux années. Elle est très entière aussi bien sur l’eau qu’à terre. Elle a fait un carton plein en début de saison et figure parmi les quatre coureurs qui dominent le circuit et qui partent pour claquer la Mini. Elle a toutes ses chances. Techniquement, elle est au point, et mentalement, aussi », observe Christian Le Pape, le directeur du pôle.
« Si j’ai un conseil à lui donner, c’est de s’éclater et de se faire plaisir comme elle l’a fait en début de saison. C’est la base de tout. Son bateau est super. Et ils vont avoir du portant. Qu’elle en profite ! Et puis faire gagner une femme sur le Figaro fait partie de notre projet. Alors si Isabelle pouvait commencer par gagner la Mini, ce serait super ! ».

Arrivée prévue de la première étape à Funchal le vendredi 21 septembre, pour un nouveau départ le 6 octobre cap sur Salvador de Bahia.

Rappel : Baptême du bateau DEGREMONT–SYNERGIE par la Marainne Raphaëla le Gouvello
Le samedi 15 septembre à 16h au ponton événement Bassin des Chalutiers à La Rochelle





Communiqué de presse n°15

Vendredi 7 Septembre 2007

Isabelle Joschke au départ de la Transat 6.50
J-9
Raphaëla le Gouvello marraine d’Isabelle Joschke
BAPTEME DU BATEAU « DEGREMONT-SYNERGIE »
SAMEDI 15 SEPTEMBRE 2007 A 16 H AU PONTON EVENEMENT
BASSIN DES CHALUTIERS A LA ROCHELLE

Ces deux femmes là se vouent une admiration réciproque. Amoureuses des océans, elles se distinguent l’une et l’autre par leur étonnante capacité à pousser loin, très loin leurs limites pour aller au bout de leur rêve respectif.

C’est donc tout naturellement que l’aventurière Raphaëla le Gouvello, qui a traversé les océans Indien, Atlantique et Pacifique, ainsi que la Méditerranée en planche à voile et en solitaire, a accepté d’être la marraine d’Isabelle Joschke et son Mini Degrémont-Synergie, qui seront, dimanche 16 septembre, au départ de la Transat 6.50.

« Je suis très fière de parrainer Isabelle dont la personnalité et le parcours me paraissent remarquables. Elle se distingue autant par son charisme que par ses capacités à se préparer de façon très sérieuse à cette Transat.
De plus, nous travaillons avec plusieurs personnes en commun qui sont devenues des ami(e)s. Ce qui crée un lien supplémentaire.
Enfin, je trouve que la Mini Transat est vraiment une course fabuleuse qui allie l'esprit de compétition et d'aventure et qui semble créer un vrai esprit de solidarité entre les concurrents eux-mêmes et avec les organisateurs.
Merci d'ailleurs à ceux qui nous font partager leur enthousiasme sur cette course, les Cyril Ducrot, Hervé Le Gall, Joël Lannilis, tous les trois anciens « ministes » et beaucoup d'autres.
Chacun dans cette course poursuit son rêve, sur ces bateaux, si petits à l'échelle d'un océan, et c'est aussi ce qui me touche dans le projet d’Isabelle et ne manque pas de me rappeler mes traversées
 ».

Touchée et flattée, Isabelle l’est aussi. « Je suis ravie que Raphaëla ait accepté. Ce qu’elle représente, c’est la force mentale et le courage. Les traversées qu’elle a effectuées, notamment la dernière, celle de l’océan Indien en 2006, en ont nécessité beaucoup. Raphaëla a prouvé qu’elle était capable d’aller dans des situations extrêmes et de les gérer. Je pense que c’est notre point fort à toutes les deux ».

Il ne s’agit, d’ailleurs pas, du seul point commun qui unit les deux femmes. Elles sont toutes les deux soutenues par le groupe SUEZ. Degrémont, Groupe SUEZ, le spécialiste mondial des usines de traitement d’eau, épaule Isabelle depuis 2005. Les autres partenaires en commun sont aussi les sociétés Distinxion Automobile pour le véhicule assistance et Panasonic, partenaire informatique.




Communiqué de presse n°14

Mardi 4 Septembre 2007

Isabelle Joschke au départ de la Transat 6.50
J-12
Objectif podium

Le compte à rebours est enclenché.  Le dimanche 16 septembre prochain, Isabelle Joschke s’élancera à l’assaut de l’Atlantique, dans la reine des épreuves du circuit mini, la Transat 6.50 La Rochelle / Salvador de Bahia à bord de son prototype Degrémont-Synergie.  Un grand saut dont elle rêve depuis deux ans. 84 navigateurs « ministes » seront sur la ligne de départ, dont la moitié dans la catégorie « prototype ». Quatorzième de l’édition 2005, Isabelle Joschke,  part, cette fois, pour gagner.


Deux ans qu’elle attend ce moment-là. Qu’elle y consacre ses jours et parfois même ses nuits. Course phare du circuit 6.50, cette transatlantique en solitaire, via une escale aux îles de Madères, sans assistance extérieure et sans routage météo, fête cette année ses trente ans d’existence. Un événement mythique qui a révélé les plus grands marins d’aujourd’hui. Course initiatique pour les bizuths, formidable épreuve pour les favoris, chaque édition est une nouvelle aventure à écrire. Isabelle, elle, part, avec un seul objectif : monter sur le podium et pourquoi pas la plus haute marche. Deux années qu’elle ne vit que pour cela.

Après une très belle 5e place lors de la deuxième étape de la Transat 2005, et une superbe avant-saison 2007 marquée par cinq podiums dont deux victoires (La Sélect Pornichet 6.50 et le Mini-Pavois), la navigatrice, âgée de 30 ans, fait à l’évidence partie des aspirants crédibles et sérieux à la victoire. Tous s’accordent à le dire : outre ses qualités manifestes de marin,  elle fait preuve d’une extraordinaire ténacité.

Jamais, elle n’abdique, même dans les situations les plus difficiles. Elle l’a prouvé encore dernièrement en remportant la 1ère étape de la Transgascogne, courue dans des conditions météorologiques dantesques dans le Golfe de Gascogne. « Thierry Fagnent, (ndr : le patron du chantier AMCO qui a construit son plan Finot-Conq), dit d’elle qu’elle est « brillante » », rapporte le magazine Voiles et voiliers, qui lui consacre ce mois-ci une double-page.

« Brillante et bosseuse ». Depuis ses premiers pas dans la course au large, Isabelle s’est donnée les moyens de ses ambitions. Après avoir navigué sur un vieux plan Andrew Cape le temps de faire ses classes, elle a choisi le célèbre cabinet Finot-Conq pour dessiner son nouveau prototype, et Thierry Fagnent pour lui donner naissance. Elle a supervisé la construction du bateau, mettant la main à la pâte de longues heures, plongée dans la poussière et l’acétone, et, depuis la mise à l’eau, s’entraîne en février dernier, sans répit, seule, ou au centre d’entraînement de Port La Forêt.

Affichant moins de 800 kilos, son Degrémont-Synergie, tout en carbone, est l’un des plus légers de la flotte des 84 minis qui seront au départ de la transat. Son mât « aile » rotatif, ses ballasts, sa quille basculante, ou encore ses safrans relevables en font un bateau complexe dans les manœuvres, mais particulièrement rapide au portant et nerveux.  Un bateau  résolument fait pour le large, le terrain de jeu favori de la navigatrice. Fiabilisé et optimisé, il forme aujourd’hui, avec Isabelle aux commandes, un tandem redoutable.

A dix jours du coup de canon libérateur qui retentira devant Fort Boyard, Isabelle se dit prête. Impatiente. Dans les starting blocks. « J’ai déjà un pieds dedans », lâche-t-elle ravie de voir le Jour J approcher à grand pas. « Je reviens de dix jours de vacances en Autriche pendant lesquels je me suis bien reposée et j’ai potassé la météo. Depuis mon retour, le bateau a été mis en chantier. J’ai engagé un préparateur qui travaille dessus. Et aujourd’hui je peux me concentrer sur le matériel à emporter, l’avitaillement, l’organisation, la logistique, la préparation physique… Je suis à la fois super contente parce que c’est un moment que j’attends depuis très longtemps. Je m’en réjouis depuis deux ans. Je suis également contente parce mon bateau est prêt. On est en train de pinailler sur des points de détail. Alors qu’il y a deux ans, je n’étais pas prête du tout. Je n’avais pas eu le temps de me préparer convenablement. Du coup, c’est très agréable d’aborder la transat comme cela. Parallèlement, avec l’échéance qui approche, c’est sûr que la tension monte un peu. Mais je suis dans un état d’esprit positif parce que je me sens à l’aise ».

La navigatrice sait qu’elle aura face à elle des concurrents « plus que sérieux »  comme Sam Manuard, Adrien Hardy, Peter Laureyssens, Alex Pella, ou encore Yves Le Blévec (encore sur liste d’attente)… « Tous ont plus d’expérience que moi dans la régate ou dans la course au large. Maintenant, je pense que j’ai d’autres atouts dans mon jeu. Je suis tenace. J’ai beaucoup préparé mon projet. Et j’ai envie de prouver que je suis capable d’aller aussi vite qu’eux ». Les garçons n’auront qu’à bien se tenir. Car Isabelle entend bien faire parler la poudre…

PANASONIC rejoint le pool des partenaires techniques d’Isabelle, en lui mettant à disposition un ordinateur portable totalement étanche. Le Toughbook CF-18 l’aidera à préparer sa navigation à terre, les ordinateurs n’étant pas autorisés à bord dans cette épreuve. Toughbook est une gamme de PC portables ultra résistants et capables de supporter les pires conditions d’utilisation : pluie, chaleur, chute… tout en étant équipé des technologies les plus récentes.
Ce partenariat est le début d’une aventure qui pourrait se traduire dans la durée. Notamment pour l’année 2008 ou Isabelle changera de catégorie de bateau nécessitant des ordinateurs à haute valeur ajoutée techniquement
.




Communiqué de presse n°13

Lundi 30 Juillet 2007

Isabelle Joschke, 3e de la Transgascogne 6.50
un 5e podium pour sa 5e course

Première à Santander, Isabelle Joschke, à bord de son Degrémont-Synergie a franchi la ligne d’arrivée devant Port Bourgenay hier à 21 h 07’ 03’’, en 3e position. Soit une heure trente après le vainqueur Yves Le Blévec. Et se place ainsi 3e du classement général de la Transgascogne 2007. Un 5e podium pour sa 5e course de l’année. La navigatrice signe ainsi une très belle et prometteuse avant-saison.

L’étape retour vers Port Bourgenay de la Transgascogne
s’annonçait plus paisible que la descente vers Santander, avec une météo marquée par des petits airs. Mais si les conditions ont été moins musclées qu’à l’aller, cette remontée s’est néanmoins révélée sportive et éprouvante pour Isabelle Joschke. C’est sous gennaker, poussée par un vent de secteur ouest soufflant à 20 nœuds, et sous la pluie, que la navigatrice, filant à plus de 10 nœuds, a pointé son étrave devant le port vendéen.

Fatiguée, mais heureuse de boucler cette ultime épreuve avant la Transat 6.50, dans le trio de tête, elle raconte ses dernières heures de navigation. « C’était une course complète. On a eu du petit temps au départ, de la brise, plein de manœuvres… C’était une course aussi très stratégique. Il fallait faire le bon choix au départ et ensuite bien faire avancer son bateau. Stratégiquement, je pense que j’ai fait une erreur. Je ne suis pas très bien partie. J’ai eu du mal à me sortir du tas. Et ensuite, avec mon proto qui n’est pas facile à manœuvrer dans les virements, avec les croisements des bateaux, j’ai pas mal perdu. Yves Le Blévec et Peter Laureyssens, qui étaient en tête, eux, ont bien joué. Il fallait vraiment partir devant. A la bouée de dégagement, j’ai un petit peu hésité sur la voilure. J’ai mis une voile qui est l’équivalent d’un gennaker. Les deux premiers ont privilégié la vitesse pour se dégager de l’anticyclone qui se rapprochait. Moi, j’allais un peu moins vite. J’ai plus fait du cap pour aller dans le nord, alors que contourner par l’Est aurait été plus payant parce que l’anticyclone gonflait par l’Ouest. Mais je n’avais pas vu la situation comme cela. Du coup, dans la nuit, l’anticyclone s’est installé et je me suis fait « bloquer » par un vent mollissant, puis dans une bulle sans vent.

Après il a fallu s’en dégager. Pour cela, je me suis battue parce que je commence à bien connaître ce type de conditions. Mais, c’était un peu plus difficile que d’habitude, parce je n’avais plus de girouette. Mon pilote automatique étant moins fiable, je n’ai pas pu dormir. Mais j’ai finalement réussi à bien me positionner et à m’échapper du groupe en privilégiant la vitesse et en faisant bien marcher mon bateau pour atteindre du vent frais. Durant la journée, la situation météo était un peu bizarre. Le vent montait, il tombait, il tournait à droite, à gauche… Il fallait sans cesse changer de voilure puis matosser. Pour que le bateau marche en permanence, il fallait être hyper réactif. Physiquement, c’était assez éprouvant. Puis le vent s’est installé à l’ouest à 20 nœuds. Et là, c’était génial. J’étais sous gennaker et je naviguais à 10 nœuds de moyenne. C’était super. J’avais peur que le vent tourne au Nord et que l’on ait à louvoyer pour finir. En fait cela n’a pas été le cas. Du coup la traversée du golfe de Gascogne a été assez rapide ».

Isabelle a donc coupé la ligne en 3e position, après deux jours 17 heures 36 minutes et 33 secondes de course, et une heure trente après le vainqueur. Insuffisant pour sauver sa première place au classement final. « Mais le bilan est très positif. Je garde le souvenir de la première étape où on a vraiment souffert. Mais mon bateau s’est très bien comporté. Je me suis toujours sentie en sécurité. Le nouveau système de haubans que j’ai installé avant de partir a été efficace. Le mât a très bien tenu dans la grosse mer. »

A un mois et demi du départ, cette Transgascogne aura été très instructive à plus d’un titre, estime la navigatrice. « Je ne suis pas partie de Santander très sereine. J’ai passé l’escale à bricoler pour réparer ce qui avait cassé pendant la course, mais aussi des choses qui avaient cassé pendant l’escale à cause du mauvais amarrage des bateaux. Et puis il a fallu, au moment de quitter le ponton, que je plonge pour gratter le goudron qui s’était collé sur ma coque pendant la nuit. »

Aussi éprouvante aura été la course, elle aura permis aux marins de faire le point sur leur niveau de préparation. « L’aller comme le retour ont été une bonne piqûre de rappel pour toutes les bases nécessaires à maîtriser pour une transat. Comment faire avancer son bateau en sécurité dans beaucoup de vent ? Quelles sont les manœuvres de base, et comment faire pour qu’elles soient facilement réalisables ? Avec les prototypes, on invente toutes sortes de systèmes pour réduire la voilure, etc. Et là, il s’agissait de les valider. C’était indispensable. La deuxième étape, elle, a permis de constater qu’en mini, la première chose qui compte c’est la stratégie et la seconde c’est la vitesse et la connaissance du bateau. Et tout cela dépend du degré de préparation. Pour la Transat, il faut vraiment arriver prêt dans sa tête, avoir éliminé tous les problèmes techniques, et avoir eu le temps de beaucoup cogiter à la situation météo ».

Après cette belle avant-saison, Isabelle est impatiente de s’élancer le dimanche 16 septembre de la Rochelle vers Madères, puis le Brésil. « Je me réjouis. Je dois dire que la Transat est un moment que j’attends. C’est une vraie aventure à tous points de vue. J’ai fait une belle saison. Maintenant j’ai vraiment envie de sauter le pas. »

D’ici le grand saut, Isabelle va prendre dix jours de vacances, loin de la mer, pour recharger les batteries, avant de se consacrer aux derniers préparatifs pratiques de la traversée. Son Degrémont-Synergie va quant à lui rentrer en chantier, pour être totalement au point le jour du départ.

Prochain rendez-vous : la Rochelle à partir du 3 septembre ou Isabelle installera son quartier général.




Communiqué de presse n°12

Mardi 24 Juillet 2007

Transgascogne 6.50
Isabelle Joschke, victorieuse à Santander sur 75 partants

Isabelle JOSCHKE s’est adjugée, hier, la victoire de la 1ère étape de la Transgascogne 6.50 entre Port Bourgeonnais et Santander à l’issue d’une navigation éprouvante pour les coureurs et les machines. Le golfe de Gascogne n’a pas failli à sa réputation. Les muscles encore endoloris mais la tête bien claire après une nuit de repos, la navigatrice revient sur ses 33 heures de course pour le moins mouvementé

« On a vraiment ramassé gros ». Encore sous le choc de sa descente mouvementée
dans le Golfe de Gascogne, Isabelle JOSCHKE en oublie presque qu’en franchissant la ligne d’arrivée à 20h 33mn 30 s, qu’elle a remporté la première étape de la Transcascogne entre Port Bourgeonnais en Vendée et Santander en Espagne. « Ce n’est pas ce qui a de plus marquant dans cette première étape. C’est vraiment le gros temps que l’on a traversé à la chaine qui m’a manifestement touchée. Je n’ai jamais rencontré des conditions comme ça

« On a eu du vent à plus de 30 nœuds dans le passage du premier front dans la nuit puis, dans la matinée lors du passage du second front le vent est monté à plus de 40 nœuds jusqu’à 45 nœuds dans les rafales. La mer était vraiment très grosse. Pour des petits bateaux de 6,50m que sont les Mini, c’était vraiment  très très chaud
»
Partie dimanche peu à près 10 h de Port Bourgeonnais (Vendée), la navigatrice aura mis à peine 32h 31min et 30 s pour avaler les 200 milles nautiques dans des conditions quasi dantesque pour ces petits bêtes de course de 6,50m. Certains y ont laissé mats, bateaux et se sont offerts une belle frayeur. On dénombre 6 hélitreuillage, 2 démâtages et une déferlante d’avaries diverses !

Isabelle, elle s’en sort avec des courbatures et quelques bleus mais son Degrémont-Synergie s’est remarquablement comporté. Ravie Isabelle de rajouter : « Rien n’a cassé, je suis très contente. Cela m’a juste permis de me rendre compte qu’il y avait des choses à modifier pour être plus rapide et efficace dans le gros temps. Cette étape a vraiment été très instructive à ce niveau là »

Retour sur cette traversée du golfe de Gascogne qui restera dans la mémoire des coureurs :

Dimanche matin à Port Bourgeonnais, un avis de grand frais annoncé pour la nuit dans la zone du nord Gascogne incite le comité de course à réduire le parcours en supprimant le passage à Belle Ile et en envoyant directement les 73 concurrents à Santander  via un simple crochet par les Sables d’Olonne. C’est donc sous le soleil et poussée par une petite brise de sud-est de 10 à 12 nœuds virant progressivement vers le sud que la flotte s’élance avec à l’esprit la perspective d’une nuit difficile à venir.

Bien qu’un peu stressée, avoue t’elle, et en dépit de petits problèmes de spi et gennaker (voiles d’avant), Isabelle se retrouve vite dans le peloton de tête au large des Sables d’Olonne avant d’attaquer la descente vers le sud , elle est alors classée 5ème. En file indienne, la flotte s’étale déjà sur plusieurs milles. Derrière Yves Le Blévec ( ACTUAL INTERIM) et Adrien Hardi (BROSSARD) , Isabelle sait que dans cette configuration de course elle ne pourra les doubler.

« J’ai donc mis le gennaker (voile d’avant importante) pour me décaler dans l’Ouest et aller chercher la bascule annoncée. Je crois que ça a été un bon coup », commente t’elle. « Dans la nuit, le vent a commencé à monter progressivement dans les tours et la bascule attendue est bien arrivée au moment de virer. Dans ces conditions, les manœuvres deviennent très compliqués. Il y a tout gérer : le mat, les ballastes pour l’équilibre du bateau…etc » poursuit elle. Le virement terminé, une légère accalmie permet à Isabelle de se reposer un peu mais le plus gros reste à venir.


« Dans la matinée de lundi, nouveau coup de tabac, cette fois l’anémomètre affiche 40 voire 45 nœuds dans les rafales sur une mer très formée. Le plus dangereux ce sont les déferlantes qui parfois viennent s’écraser sur le bateau. C’est ce qui s’est passé pour tous les bateaux qui ont eu des soucis » : raconte Isabelle

Les 3 ris dans la grand voile (réduction de voilure au maximum), 2 dans le solent ( petit foc), Degrémont-Synergie brave fièrement les éléments et trace sa route débridée à 7 nœuds. Il vaut mieux faire avancer la bateau dans ces conditions pour mieux négocier les vagues. Pour ma part, à aucun moment je n’ai pas le sentiment de ne plus maîtriser l’engin.

Le gros grain passé, le soleil est revenu, le vent a molli sensiblement, et se met à « adonner » gentiment (vent changeant de direction dans un sens favorable à la route) menant Isabelle vers la route directe de Santander
. Enfin, du plaisir retrouvé dans des conditions idéales.

A 15 H, Degrémont Synergie est alors pointé 4ème  à 7 milles du leader Yves Le Blévec. Il reste alors une cinquantaine de milles à parcourir.
Isabelle ne sait pas où sont ses concurrents, trace sa route et coupe la ligne d’arrivée quelques minutes avant le coucher du soleil. Il n’y a pas foule mais elle entend un bravo. « je ne comprenais pas pourquoi ». Raconte t’elle. « J’aurai cru être dixième. Je ne savais pas que j’avais gagné J’ai su après coup que Yves Le Blévec avait eu un problème de grand voile et qu’il avait été ralenti »

Physiquement aujourd’hui Isabelle  confie avoir mal partout. : « Cela a vraiment été très éprouvant. Le bateau n’arrêtait pas de taper. J’étais obligé de marcher à quatre pattes. Ce qui était vraiment dur c’était de recevoir des paquets de mer en permanence. Cela me brûlait les yeux, je ne voyais plus rien sans parler du fait que j’étais trempée jusqu’aux os. Mais cela a été un très bon entraînement pour la transat. » On aura beaucoup appris de cette navigation même si elle n’était pas très agréable car les mini ne sont pas faits pour ces conditions.

Le départ de l’étape, retour vers Port Bourgeonnais aura lieu le samedi 28 à 12H02 de Santander. Le comité de course pourrait bien décider d’envoyer la flotte virer Belle Ile avant de revenir vers le port de Vendée.  D’ici là, les coureurs disposent de quelques jours pour panser les plaies et prendre un peu de repos avant d’entamer la remontée vers le nord.




Communiqué de presse n°11

Vendredi 19 Juillet 2007

Transgascogne 6.50
Le dernier saut avant la Mini pour Isabelle Joschke

Dimanche prochain le 22 juillet, Isabelle Joschke, prendra le départ de la Transgascogne 6.50, à bord de son mini Degrémont-Synergie. En pleine forme, la navigatrice aborde cette dernière course préparatoire avant la Transat 6.50, en confiance et avec l’envie de faire le meilleur résultat.

A trois jours du départ de la Transgascogne 6.50, Isabelle Joschke affiche une tranquille décontraction et une forme olympique
. Depuis le Mini-Fastnet, il y a un mois, malheureusement annulé en raison de conditions météo trop musclées, la navigatrice a peaufiné la mise au point de son Degrémont-Synergie, et anticipé sa préparation en vue de la Transat 6.50 qui s’élancera le dimanche 16 septembre de La Rochelle. « Je ne voulais plus rien avoir à changer au mois d’août sur le bateau et je souhaitai pouvoir tout valider sur la Transgascogne », confie-t-elle.

L’énergie, le gréement avec l’installation d’un système permettant de faire pivoter le mât sous le vent et au vent,  les bouts… Tout a été passé en revue, réglé et testé. « Ces dernières semaines, j’ai pu naviguer sous spi dans la brise. Cela m’a permis de découvrir les limites de mes voiles selon la force du vent. C’était une très bonne préparation pour la Transat. J’ai fait des pointes de vitesse et constaté ainsi que mon bateau se comporte très bien quand il va vite », poursuit- elle. Après avoir passé la jauge hier avec succès, Degrémont-Synergie est aujourd’hui paré à traverser l’Atlantique. Il ne restera plus qu’un petit chantier de quelques jours en août pour fignoler sa préparation.

Pendant ces dernières semaines, Isabelle s’est également concentrée sur sa préparation physique et mentale, avec l’aide de Jean-Claude Ménard, préparateur de nombreux athlètes de haut niveau. « Je travaille avec lui depuis le début de l’année. J’ai fait appel à ses services parce que je pense que les préparations physique et mentale vont de paire. Si la préparation physique est mal cadrée, elle peut amener à se fatiguer plus et à se dégoûter plus qu’à ne progresser. Avec Jean-Claude, nous faisons des exercices qui sont complètement adaptés à la navigation en 6.50 et qui permettent de développer les muscles nécessaires à certaines manœuvres. Aujourd’hui, je n’ai plus mal au dos quand je navigue. Je me sens plutôt en forme et sur l’eau j’ai l’impression de moins me fatiguer.
Sur le plan mental, on a essayé de mettre en avant mes points forts et mes points faibles et de travailler sur mes points faibles. Par exemple, jusqu’à présent je subissais le fait d’être « attaquer » par les concurrents quand j’étais au contact. Maintenant cela ne me fait plus du tout peur
» ; précise la navigatrice sereine.

« L’intérêt de cette préparation est d’apprendre à utiliser au mieux et développer toutes ses ressources physiologiques pour être plus fort et capable de gérer ses efforts, son sommeil, les problèmes… », renchérit de son côté Jean-Claude Ménard « Le point fort essentiel d’Isabelle, c’est sa volonté énorme. Depuis que l’on a commencé, elle a gagné en confiance et est capable de régater contre les meilleurs. Elle dispose d’un éventail de qualités qui peuvent être encore améliorées d’ici la Transat. En voile, comme dans d’autres sports, et pour ce type d’épreuve d’endurance, il n’est pas nécessaire d’avoir un physique énorme, il faut avant tout bien se connaître, savoir bien gérer ses efforts, son stress, son sommeil, et être confiant. Isabelle a un mental très fort, à toute épreuve. Et comme chacun sait, le mental joue sur le physique et inversement. » 
(Jean-Claude Ménard est notamment le préparateur mental et physique de Raphaëla le Gouvello, Faustine Merret)

C’est donc en confiance qu’Isabelle aborde la Transgascogne 6.50, « le dernier saut avant la Mini » Au départ de Port Bourgenay / Talmont-Saint-Hilaire (Vendée), le dimanche 22 juillet, la course en deux étapes emmènera la flotte des 80 Minis, virer Belle-Ile avant de les faire plonger pour la première fois vers Santander (Espagne).

Le samedi 28, après quelques jours de repos mérité, les Ministes reprendront la mer pour l’étape retour vers le port vendéen. Soit une navigation de 550 milles environ à travers le Golfe de Gascogne. « C’est un parcours intéressant parce que l’on va naviguer dans le Golfe de Gascogne qui est la première étape de la Transat. On part en quelque sorte en reconnaissance. Le golfe est une zone de navigation intéressante parce qu’il peut y avoir beaucoup d’options à prendre au niveau stratégique. Et puis les principaux acteurs du circuit atlantique 6.50 sont là : Adrien Hardy, Yves Le Blévec, Peter Laureyssens... On adore tous aussi cette course pour sa convivialité, l’accueil en Espagne est toujours super. C’est une bonne façon de préparer la Transat dans cet esprit-là. »

Top départ, dimanche 22 juillet à 12 h 02 au large de Port Bourgenay. Premières arrivées à Santander et en fonction des conditions météorologiques, mardi 24. Départ de Santander, samedi 28 à 12 h 02 pour une arrivée lundi 30 à Port Bourgenay




Communiqué de presse n°10

Vendredi 22 Juin 2007

Mini-Fastnet 2007
La course définitivement annulée
Isabelle Joschke vise maintenant la Transgascogne

La décision n’a pas été facile à prendre. Mais le comité de course du Mini-Fastnet a préféré annuler aujourd’hui le départ du nouveau parcours qui devait mener les Ministes à la pointe de la Cornouaille britannique. Trop de vent, trop de mer.
Après sa victoire sur le prologue, à bord de Degrémont-Synergie, Isabelle Joschke ne cache pas sa déception, mais respecte la décision du comité.

La centaine de ministes engagés dans l’édition 2007 du Mini-Fastnet ne seront pas allés virer le mythique rocher irlandais.
Et ils n’iront pas plus enrouler le phare de Wolf rock, au large de Land’s end à la pointe de la Cornouaille britannique, comme le prévoyait le nouveau parcours de 260 milles annoncé par le comité de course mercredi soir.

Depuis dimanche dernier, date à laquelle devait initialement s’élancer la flotte de Douarnenez vers le Fastnet, les coureurs attendaient patiemment la fin du bulletin météo spécial en cours sur les côtes bretonnes, pour pouvoir reprendre la mer aujourd’hui à 14 h. Mais le mauvais temps semblant persister sur la zone, le comité de course a préféré en début d’après-midi, jeter l’éponge pour de bon. Il n’y aura pas de Mini-Fastnet 2007. « C’était la course de l’année avant la Transat ! C’est vrai que c’est décevant.
Mais la météo est vraiment trop instable pour que le comité nous envoie en mer. Il y a de la mer et beaucoup de vent dans les orages et les passages de fronts
», témoigne Isabelle Joschke qui misait encore beaucoup sur cette course pour engranger des milles et de l’expérience sur son proto Degrémont-Synergie.
D’autant plus déçue qu’après sa victoire samedi sur le prologue, en compagnie de Franck Cammas et Rémi Aubrun, la course s’annonçait sous les meilleurs auspices.

Mais pas question de prendre des risques. Tout le monde reste à quai. Une fois la dépression terminée, Isabelle ramènera son 6.50 dans un premier temps à Lorient puis à la Trinité-sur-Mer où elle le mettra en chantier quelques jours. Changement des haubans endommagés pendant le prologue, révision de l’accastillage et mise au point… La navigatrice va encore bichonner son 6.50 pour qu’il soit le plus rapide possible.
Isabelle va également profiter de ces quelques semaines avant le prochain rendez-vous sur l’eau pour poursuivre son entraînement physique. Jogging, étirements, musculation, rameur…

Prochaine course justement, la Transgascogne, au départ de Port Bourgenay en Vendée le 22 juillet. Un parcours aller-retour de quelque 535 milles entre le port vendéen et Santander, via le turbulent golfe de Gascogne.

Du coup, Isabelle sera à Genève pour la journée de vendredi pour présenter la nouvelle collection Printemps / Eté 2008 des vêtements de mer, Morpho et sa gamme Sailing for woman, en tant qu’ ambassadrice de la marque. Un voyage inattendu suite à l’annulation de la course et qui satisfait Jean Marie Mechelany, président de Morpho.




Communiqué de presse n°9

Lundi 18 Juin 2007

Mini-Fastnet 2007
Victoire d’Isabelle Joschke sur le prologue
au côté de Franck Cammas
Départ de la course reporté à jeudi 21 juin et parcours réduit

La 22e édition du Mini-Fastnet, rendez-vous incontournable des ministes avant la Transat, aura réservé bien des rebondissements à Isabelle Joschke. D’abord incertaine sur ses chances de participation en raison d’un grand nombre de participants, puis victorieuse samedi sur le prologue avec un invité surprise à son bord Franck Cammas, la jeune navigatrice, à l’instar des 99 autres équipages est maintenant clouée à quai à Douarnenez, à cause d’une vilaine dépression annoncée en mer d’Irlande. Le départ de la  course programmé hier, est reporté à jeudi. Et le parcours en double, initialement de 700 milles, sera réduit à 200 milles.

Inscrite sur liste d’attente, Isabelle Joschke aura dû patienter jusqu’à vendredi pour savoir si elle pourrait prendre le départ ou non du Mini-Fastnet, course légendaire qui emmène les ministes virer le mythique rocher irlandais.
Rendez-vous « phare » du circuit avant la Transat, les équipages s’y bousculent tous les ans au portillon. Le nombre de participants est limité à cent.
Et puis la bonne nouvelle est tombée vendredi en fin de journée, alors que les espoirs de la navigatrice commençaient à s’émousser. « J’aurais été déçue de ne pouvoir participer. Je n’avais pas envie de laisser partir tout le monde sans moi. L’année dernière, j’avais fait une contre-performance : on s’était retrouvé dans un trou de vent. J’espère cette fois prendre ma revanche sur l’an passé », observait-elle, enthousiaste, à l’annonce de sa sélection.

Confiante depuis son inscription, la navigatrice s’est préparée cette dernière semaine, comme si elle allait partir. Bricolage sur le bateau, préparation de l’avitaillement, jogging, étirement… Et ’est le moral gonflé à bloc, qu’Isabelle a pris le départ, sur son Degrémont-Synergie, samedi après-midi, du prologue, en baie de Douarnenez, avec un invité de marque à son bord, Franck Cammas. Parmi les skippers les plus expérimentés du circuit Orma (60 pieds multicoques), Franck Cammas est actuellement en stand by pour la tentative de record de la traversée de l’Atlantique Nord (New York / Cap Lizard) avec Groupama 3 et se prépare pour le record SNSM (Saint-Nazaire / Saint-Malo) avec Groupama 2. « Franck voulait essayer le mini sur un bon bateau. Il a choisi le mien. Je suis très flattée », confie la navigatrice, enchantée d’accueillir à son bord le skipper.

Pour courir la Mini-Fastnet, Isabelle a choisi un autre équipier de qualité, Rémi Aubrun, son maître-voilier de la voilerie All Purpose à la Trinité-sur-Mer. Depuis 2005, c’est lui qui conçoit, dessine et assemble les voiles d’Isabelle sur son plancher trinitain. « Il travaille avec les minis depuis très longtemps. Il est lui-même propriétaire d’un 6.50. J’ai plein de choses à apprendre de lui. Il est en plus très agréable à vivre et très sympa ».

Au menu de samedi dernier: ciel plombé, chapelet de grains, 20 à 25 nœuds de vent soufflant du sud-ouest, une mer joliment formée et un parcours autour de trois bouées dans la magnifique baie de Douarnenez. Malgré un départ « tardif », l’équipage de Degrémont-Synergie s’est vite refait une santé pour franchir la ligne d’arrivée en vainqueur ! « Nous étions troisièmes à la première bouée, deuxièmes à la deuxième, et à la fin du premier tour, on avait pris la tête que l’on a plus lâchée jusqu’à la fin. On s’est bien battu avec Gédimat (E. Leroux / A. Tripon). C’était vraiment une bonne mise en jambe pour la course», racontait Isabelle, de retour au ponton. « La présence de Franck à bord m’a énormément boostée. On a pu pousser le bateau à fond. Franck était à la barre et à la tactique. Et Rémy à la manœuvre avec moi. On a pu utiliser tous les outils du bateau sur un petit parcours, alors qu’en solitaire c’est impossible. Franck a trouvé que c’était un bon bateau, conçu pour le large, et pas pour les petites régates. Entre les ballasts, la quille basculante, les dérives… c’est vrai que l’on passe son temps à gérer la crise sur un petit parcours. Grâce à une jauge assez ouverte, il a reconnu que les Minis représentaient un bon terrain d’expérimentation pour les gros bateaux ».

Alors que samedi soir, Isabelle savourait sa victoire sur le prologue, le comité de course a annoncé que le parcours de cette 22e édition, qui devait s’élancer le lendemain à 11 h 30, risquait d’être modifié en raison d’un avis de grand frais à coup de vent annoncé sur le sud de l’Irlande pour le début de semaine. Puis dimanche, après un premier report du départ, la décision est tombée en milieu d’après-midi : pas de départ avant jeudi et une boucle réduite à 200 milles dont le parcours ne sera dévoilé que mercredi.

Isabelle, qui ne cache pas sa déception, devra encore patienter quelques jours, avant de d’aller en découdre sur l’eau, sur un parcours qui n’aura pas la saveur de celui qui a fait la légende du Mini-Fastnet. Mais ainsi va la vie des marins, tributaire d’une météo parfois capricieuse….

Rendez-vous donc Jeudi prochain pour des nouvelles du départ.




Communiqué de presse n°8

Samedi 9 Juin 2007

Isabelle Joschke 2e à Douarnenez

Isabelle Joschke, à bord de Degrémont-Synergie, a décroché cet après-midi à Douarnenez la 2e place du Trophée Marie-Agnès Péron, à l’issue d’un véritable mano a mano avec Yves Le Blévec. Une nouvelle belle performance qui vient confirmer un début de saison prometteur.

Isabelle jubile. Après deux jours et près de 3 heures de course menée sans répit, dont deux nuits sans sommeil, pas l’ombre d’une trace de fatigue.  La navigatrice franco-allemande est fraîche comme une rose. Et ne boude pas sa joie. En franchissant la ligne d’arrivée dans la baie de Douarnenez à 14 h 18 min et 25 secondes, à bord du mini Degrémont-Synergie, elle s’est s’adjugée la 2e place du Trophée Marie-Agnès Péron, quelque 25 minutes derrière  son concurrent et ami, Yves Le Blévec. « Les conditions étaient clémentes. Et puis j’avais fait le plein de repos avant de partir. Je ne suis donc pas épuisée », confie Isabelle, ravie, avant de poursuivre : « On ne s’est en pas mal sortis avec Yves. On a réussi à se faufiler entre les coups de mou et à trouver des petits filets d’air ». Car, les prévisions météorologiques le laissaient présager, ce 2e trophée MAP s’est couru dans du tout petit temps.

Partie jeudi à 11 h 30, la flotte des 80 minis s’est retrouvée prise au piège d’une zone de calmes et dans des courants contraires à la sortie de la baie de Douarnenez. Puis le vent s’est relevé timidement de secteur nord, permettant à la flotte de reprendre sa route après le raz de Sein, et de filer sous spi, à un train de sénateur, jusqu’à Penmarc’h. A ce stade de la course, Degrémont-Synergie était pointé en 4e position. Puis le vent s’est renforcé à 10-15 nœuds au cours de la nuit, donnant à Isabelle l’occasion de regagner du terrain.  « C’est intéressant et à la fois pas facile de naviguer la nuit parce que tu ne vois pas ce que font les autres bateaux. Tu fais tes propres choix et non pas en fonction des autres ».

Des choix qui ont manifestement été les bons puisqu’au petit matin, à Groix, elle se trouvait dans le tableau arrière du leader, après avoir passé deux concurrents. « Après je n’ai plus lâché Yves, poursuit-elle. On est resté ensemble tout le temps. On s’est autocontrôlé en permanence. C’était une sorte de régate dans la régate. Rien à voir avec de la course au large. C’était super sympa. Cela m’a obligé à être vigilante tout le temps. Quand j’allais dormir, c’était 5 minutes et non pas 8. Il n’était pas question de le laisser s’échapper. L’un comme l’autre, on a dû être dessus en permanence. Ce qui nous a peut-être aussi permis de rester bien positionnés par rapport à la flotte ».

Après ses deux victoires à La Pornichet Sélect 6.50 et au Mini-Pavois de La Rochelle, la jeune femme savoure sa nouvelle performance, sans pour autant pavoiser. « D’avoir navigué bord à bord avec Yves, cela me fait dire que j’ai encore du boulot dans la navigation au contact que je ne connais pas bien. Je suis plus à l’aise sur le large. Mais c’est vraiment intéressant». Isabelle sait cependant pouvoir compter sur les potentialités de son proto et sa détermination, qui, associés, se révèlent plutôt efficaces.

Prochain rendez-vous, le Mini-Fastnet du 16 au 23 juin, au départ de Douarnenez. La deuxième course la plus importante de la saison. La participation d’Isabelle est encore incertaine. Inscrite sur liste d’attente, elle ne sera fixée sur son sort que dans quelques jours. Mais Isabelle se dit confiante.




Communiqué de presse n°7

Mercredi 6 Juin 2007

Isabelle Joschke au départ du Trophée Marie-Agnès Péron

Après trois semaines de répit bienvenues, Isabelle Joschke remonte sur le pont de son Degrémont-Synergie pour s’aligner au départ du Trophée Marie-Agnès Péron, qui s’élancera demain jeudi 7 juin de Douarnenez. Un sprint de 200 milles en mer d’Iroise, en solitaire, histoire de se remettre en jambe.

Fini, oublié le stress du chantier, de la mise à l’eau de son prototype et de la qualification. En s’adjugeant la 2nde place du Grand Prix d’Italie, et deux victoires consécutives au Mini-Pavois et à La Select Pornichet, Isabelle Joschke s’est imposée parmi les favoris de cette saison « Mini » 2007. Elle reprend la mer sans pression, parfaitement détendue, après trois semaines de repos. Un repos somme toute relatif, car la navigatrice a profité de ce répit dans son programme de courses préparatoires, pour travailler sur son bateau et s’entraîner encore et toujours en mer, mais aussi à terre, physiquement. Vérification générale, optimisation de l’accastillage… Degrémont-Synergie est de nouveau paré pour avaler des milles.

Quant à Isabelle, elle affiche une forme olympique et un moral à toute épreuve, enchantée de se trouver à Douarnenez pour la 2e édition du Trophée Marie-Agnès Péron. « Les « Mini-transateux » adorent venir à Douarnenez. On est toujours bien accueillis, les courses sont bien organisées et c’est très beau. Chaque année, on est toujours très contents de revenir ici », confie-t-elle. « Et puis, c’est bien de commencer par une petite course en solitaire avant d’attaquer le Mini-Fastnet (qui s’élancera aussi de Douarnenez le dimanche 17 juin). » 

En hommage à la navigatrice Marie-Agnès Péron, disparue en mer lors de la Mini-Transat 1991, la course, qui s’élancera jeudi à 11 h 30 de la baie de Douarnenez, emmènera les Ministes passer le Raz de Sein, les Glénan, virer l’île de Groix, le phare d’Ar Men, pour les faire revenir dare-dare à Douarnenez.

Un parcours de 200 milles aux allures de sprint, commente Isabelle. « C’est une belle course, parce qu’elle a un petit format comme La Sélect Pornichet, où il faut beaucoup manœuvrer, être toujours dessus. Tout se joue dans les nombreux courants de la mer d’Iroise. Il y a plein de choses intéressantes à faire au niveau tactique ».

84 solitaires seront au départ, dont un tiers d’étrangers, représentant au total 16 nations (l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suisse, la République Tchèque, les USA, la Croatie, la Slovénie, la Pologne, l’Estonie, le Brésil et la France). Les ténors de la classe ne manqueront évidemment pas à l’appel : Yves Le Blévec (Actual), vainqueur la semaine dernière de l’Open Demi-Clé, Peter Laureyssens (Ecover), Erwan Le Roux, David Sineau, etc… à l’exception d’Adrien Hardy.

Si Isabelle se dit détendue, elle sait néanmoins que la partie est loin d’être gagnée. « Nous sommes quelques uns à naviguer souvent ensemble. Il y a peu d’écart entre nous. Rien n’est joué. D’ailleurs sur aucune des courses de la saison, rien ne sera joué avant l’arrivée. C’est hyper intéressant pour nous, mais en même temps, cela va être difficile. J’espère bien rester dans les premiers. Le but est toujours de se mesurer aux autres et de ne pas se faire décrocher ».

Arrivée prévue au mieux vendredi 8, au pire samedi 9 juin. Selon les prévisions météorologiques actuelles, les concurrents devront composer avec du petit temps, souvent éreintant pour les nerfs des skippers…




Communiqué de presse n°6

Mardi 8 Mai 2007

Deuxième victoire d’affilée pour Isabelle Joschke

Doublé historique ! Une semaine après avoir remporté brillamment la Mini-Pavois, Isabelle Joschke vient de s’emparer de la victoire de la Pornichet Sélect 6.50 après 2 jours, 4 heures et 46 minutes de course.

La navigatrice a coupé la ligne d’arrivée, à bord de son Degrémont-Synergie, lundi à 17 h 46, talonnée par Yves Le Blévec à 2 min 22 !

« Je n’en reviens pas!  », s’exclame Isabelle, heureuse. Partie samedi, fatiguée par un début de saison plutôt sportif et rythmé, la navigatrice ne s’était fixé aucun objectif de résultat pour sa troisième course de la saison
. Sa seule motivation était de naviguer, d’engranger des milles et de l’expérience sur son nouveau proto Finot-Conq sorti du chantier il y a moins de trois mois. Et puis une fois sur l’eau, la rage de vaincre a pris le dessus sur la fatigue. « Une fois que tu es sur l’eau, tu prends du plaisir. On voit les concurrents à côté, et cela motive. On se prend au jeu. En situation, c’est difficile de ne pas donner tout ce qu’on peut pour arriver en tête », raconte-t-elle.

Alors, voilà, après un départ moyen de Pornichet, dans du petit temps – Degrèmont-Synergie est pointé en 8e position à la Porte du Pouliguen -, Isabelle rentre dans le jeu. Au coude à coude avec ses copains Adrien Hardy, Yves Le Blévec et Peter Laureyssens, elle ne résiste pas au plaisir de la régate.  Après avoir contourné Belle-Ile, elle enclenche le turbo dans la descente vers port Bourgenay, malgré la pétole. Dimanche en fin d’après-midi, elle glisse vers la marque de parcours mouillée devant le port vendéen dans le trio de tête, en douceur.

Changement de décor pour la remontée vers l’ile de Groix : le vent a forci et la mer s’est creusée. 20-25 nœuds au près. Ca mouille, ça tape, ça secoue. L’allure est inconfortable, mais Isabelle, qui a un gros déficit de sommeil, branche quand même son pilote automatique, et en profite pour grappiller quelques minutes d’un sommeil réparateur. A l’approche de Belle-Ile, deux options se présentent : l’intérieur de l’île ou l’extérieur. La première est la route la plus courte et la plus simple. La seconde relève du quitte ou double. Confrontée au même dilemme il y a deux ans dans les mêmes conditions, Isabelle opte pour la seconde qui avait déjà porté ses fruits. Encore une fois, l’option se révèle la meilleure : au pointage de Groix, à 12 h 40, Degrémont-Synergie a pris la tête devant Actual et Brossard.

Reste maintenant à négocier au mieux le retour à Pornichet.  Le vent est toujours soutenu. Ca va vite, très vite. 10 nœuds au portant.

Yves Le Blévec réussit à repasser devant. Aspergé